Pourquoi le nom Gran Jipon ?

En Haïti, une « gran jipon » désigne une femme qui connaît ses droits et qui ne se laisse pas faire. L’expression sert souvent d’insulte pour discréditer les femmes qui parlent, qui revendiquent ou qui refusent l’injustice.

Nous avons choisi ce nom pour le réapproprier. La figure de Manzè Sandrine dans la lodyans « Mèt zabèlbòk » de Maurice Sixto illustre bien cette idée. Elle incarne une femme digne, consciente de ses droits et capable de tenir tête.

Porter le nom Gran Jipon signifie refuser la honte imposée aux femmes qui revendiquent leur place. Nous affirmons que connaître ses droits et les défendre est une force.

La honte doit changer de camp.

Nous avons choisi le féminisme intersectionnel parce que les femmes ne vivent pas toutes les mêmes réalités. Le genre se croise avec la race, la classe sociale, l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou la situation économique. Ces dimensions produisent des formes d’inégalités différentes. Le féminisme intersectionnel permet de comprendre ces croisements et d’analyser les systèmes d’oppression dans leur ensemble. Cette approche nous pousse à écouter les voix les plus marginalisées et à refuser un féminisme qui parle au nom de toutes tout en en excluant certaines. Elle guide notre action et nous permet de construire une lutte féministe qui prend en compte la diversité des expériences des femmes.